L'entretien consulaire est la dernière étape formelle avant l'approbation de votre visa E-2 (Treaty Investor). Pour la plupart des demandeurs, toute la procédure se joue dans cette conversation. Et honnêtement, si votre dossier est bien préparé en amont, l'entretien ne devrait pas ressembler à un examen. Il devrait ressembler à une conversation sur une entreprise que vous connaissez bien.

Voici ce qui se passe réellement, ce qu'il faut apporter et ce que les agents évaluent véritablement.

Où se déroule l'entretien

Les visas E-2 sont traités par les ambassades et consulats des États-Unis dans le pays d'origine du demandeur. Pour les demandeurs canadiens, cela signifie le consulat général des États-Unis à Toronto, qui est le seul consulat américain au Canada à traiter les demandes de visa E-2 d'investisseur. Les agents y examinent un volume élevé de dossiers E-2 et appliquent des critères cohérents et bien établis.

Pour les demandeurs d'autres pays, l'entretien a lieu à l'ambassade ou au consulat des États-Unis compétent. Les délais de traitement et la disponibilité des entretiens varient selon les lieux.

Comment se déroule l'entretien

L'entretien dure généralement de 15 à 30 minutes. L'agent a déjà reçu votre dossier de demande avant votre arrivée. Il l'a examiné, ou au moins ses parties essentielles. L'entretien n'est pas la première fois qu'il découvre votre dossier.

La conversation porte sur l'entreprise, l'investissement et votre rôle. Les agents ne cherchent pas à vous piéger. Ils cherchent à confirmer que la demande que vous avez déposée reflète une situation réelle, que vous comprenez l'entreprise que vous dites diriger, et que tout est cohérent.

Les questions fréquemment posées par les agents

Combien avez-vous investi dans cette entreprise ?
D'où proviennent les fonds investis ?
Que fait l'entreprise, et comment gagne-t-elle de l'argent ?
Qui sont vos clients ?
Quel est votre rôle précis dans les opérations quotidiennes ?
Combien d'employés l'entreprise compte-t-elle ou prévoit-elle d'embaucher ?
Quelles sont vos projections de chiffre d'affaires pour la première année ?
Qu'advient-il de l'entreprise si votre visa est refusé ?
Pourquoi avez-vous choisi cette entreprise en particulier ?
Avez-vous déjà dirigé une entreprise dans votre pays d'origine ?

Ce ne sont pas des questions pièges. Ce sont les questions naturelles que n'importe qui poserait au sujet d'un investissement. L'objectif est de pouvoir y répondre de façon claire, concise et cohérente avec le contenu du dossier de demande.

Ce qu'il faut apporter

Votre avocat préparera une liste de documents spécifique pour votre entretien, mais les éléments essentiels comprennent généralement :

Apportez les originaux et des copies. Certains consulats exigent des formats ou un nombre de copies spécifiques. Suivez attentivement les instructions de votre consulat.

Ce que les agents évaluent réellement

Il y a en réalité trois choses qu'un agent évalue lors de l'entretien.

La crédibilité

Cette personne connaît-elle son entreprise ? Ses réponses correspondent-elles au dossier ? Y a-t-il dans la demande quelque chose qui ne colle pas ? Un demandeur capable de parler avec aisance et assurance de son investissement, de son modèle d'affaires et de ses projets donne à l'agent ce dont il a besoin pour dire oui. Un demandeur qui semble ignorer les détails d'une entreprise qu'il est censé posséder est un signal préoccupant.

La cohérence

Tout ce que vous dites à l'entretien doit être cohérent avec le contenu du dossier de demande. Si votre business plan projette 10 employés la première année et que vous dites à l'agent que vous prévoyez d'en embaucher 2, cette incohérence sera relevée. Relisez votre dossier avant de vous présenter.

Un investissement et une entreprise admissibles

L'agent vérifie également, au fil de la conversation, que la demande sous-jacente satisfait aux exigences légales : un investissement substantiel, des fonds à risque, une véritable entreprise en activité, et un investisseur qui va gérer activement l'entreprise.

Un point qui mérite d'être dit clairement : l'entretien n'est pas un test d'anglais. Les agents consulaires s'adaptent aux personnes dont l'anglais n'est pas la langue maternelle. Si vous avez besoin d'un interprète, des dispositions peuvent être prises. Ce qui compte, c'est la substance de vos réponses, pas la fluidité avec laquelle vous les livrez.

Les erreurs courantes à éviter

Rester vague sur l'entreprise

Dire « nous fournissons des services aux entreprises » n'est pas une réponse. Connaissez votre entreprise : ce que vous faites, qui vous paie, comment vous acquérez vos clients, à quoi ressemblent vos marges. Vous l'avez créée ou achetée. Vous devez la connaître sur le bout des doigts.

Des incohérences entre le dossier et vos réponses

Relisez votre business plan et les documents de votre demande avant l'entretien. Si quelque chose a changé depuis le dépôt de la demande, votre avocat doit l'aborder de manière proactive plutôt que de laisser le sujet surgir comme une surprise.

Ne pas savoir expliquer les données financières

Les agents posent parfois des questions sur des projections financières précises. Vous n'avez pas besoin de mémoriser chaque chiffre, mais vous devez comprendre l'histoire financière de base de votre entreprise : modèle de revenus, structure de coûts, chemin vers la rentabilité, et utilisation de l'investissement.

Des réponses trop répétées

Il y a une différence entre être bien préparé et paraître récité. Les agents savent reconnaître quelqu'un qui débite des phrases apprises par cœur. Connaissez véritablement votre entreprise, et parlez-en naturellement.

Après l'entretien

La plupart des décisions E-2 sont rendues lors de l'entretien ou dans les jours qui suivent. Si l'agent approuve la demande sur place, le visa sera apposé dans votre passeport et celui-ci vous sera restitué, généralement sous une à deux semaines.

Si l'agent émet un avis 221(g), cela signifie qu'un traitement administratif supplémentaire est nécessaire avant qu'une décision puisse être prise. Cela peut aller d'une demande de documents complémentaires à un examen de sécurité plus approfondi. Ce n'est pas un refus, mais cela allonge les délais. Votre avocat doit être impliqué dans la réponse à tout avis 221(g).